Question écrite n° 17105 : Application du programme de l’EVAR-S
Ministère interrogé : Éducation nationale
Question publiée le 21 juillet 2026
Voir la question sur assemblee-nationale.fr
J’interroge le M. le ministre de l’Éducation Nationale sur l’application du programme Éducation à la Vie Affective, Relationnelle et à la Sexualité. (EVAR-S).
A l’issue de cette première année d’enseignement obligatoire de l’EVAR-S, je me suis rendue dans plusieurs établissements scolaires de ma circonscription afin de réaliser un état des lieux de l’enseignement effectif de l’EVARS. J’ai pu constater de nombreux freins au bon déroulement de ces séances et en particulier l’absence totale de formation des enseignants sur ces questions spécifiques. Au-delà de cette nécessité, j’estime qu’il faut des intervenants extérieurs pour dispenser cet enseignement qui est parfois très mal accueilli par les familles.
Non seulement les enseignants sont trop exposés physiquement, mais en plus cette hostilité vient ternir l’ensemble des apprentissages dispensés en dehors de l’EVAR-S. J’ai également relevé qu’aucune plage horaire n’y a été dédiée dans le programme.
Cet écart entre les obligations légales et la réalité du terrain pose question sur l’ambition réelle du gouvernement de déployer le programme EVAR-S.
Ainsi, je constate que l’application du programme repose sur le volontariat de certain.e.s enseignant.e.s sensibilisé.e.s qui essaient de faire vivre ces sujets tant bien que mal. Il en résulte que ces notions sont seulement abordées brièvement de manière transverse dans le cadre de leurs cours et du programme scolaire, par exemple, lors des séances de SVT sur la reproduction. Si ces initiatives sont louables et sont le signe de l’implication sans faille du corps enseignant, il est indispensable de fournir de vrais moyens aux établissements scolaires.
Pour rappel, la CIIVISE nous a révélé que chaque année 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles répétées, le plus souvent incestueuses. Depuis 2020, une augmentation du 56% des personnes mises en cause pour viol ou agression sexuelle sur mineur a été recensée.
Les crimes et délits homophobes et transphobes ont triplé entre 2016 et 2024.
Face à ces chiffres très inquiétants, il y a donc une véritable urgence à donner des outils de compréhension et de défense aux victimes potentielles que sont nos enfants. Le programme d’EVAR-S est très bien fait pour répondre à cette exigence.
Il faut maintenant qu’il soit dispensé correctement dans tous les établissements scolaires et qu’un budget adapté lui soit attribué. L’effectivité de l’enseignement et l’application d’une politique publique ne sauraient reposer sur la bonne volonté et l’implication des professeurs.
Afin de protéger réellement les enfants, j’insiste sur la nécessité absolue d’établir des conventions avec des associations spécialisées chargées d’intervenir dans les écoles, collèges et lycées.
J’interroge donc le ministre de l’Éducation nationale sur les mesures qu’il va effectivement mettre en place pour s’assurer de la bonne réalisation de ces 3 séances de 2 heures par niveau et lui demande de publier un bilan annuel de l’enseignement de l’EVAR-S afin de pouvoir en évaluer les effets et les ajuster.
