Finances 🏛 À l'Assemblée Nationale

Budget 2027 : L’austérité, une escroquerie sociale et économique

17.09.2026 | ·

Comme chaque année, nous allons débattre puis tenter de voter un budget. A cela près, que depuis 2024 nous n’avons jamais pu voter un budget, puisque malgré tout le travail réalisé en commission puis en séance, les centaines d’amendements et de discussions, les premiers ministres successifs ont bloqué le processus démocratique par un 49.3.

Pour le budget 2026, le bilan était sans appel : quatre mois de débats, trois 49.3, six motions de censure. Le message était clair : « Votre travail ne compte pas. Ce sera notre budget, ou rien. »

Le piège des coupes budgétaires : une spirale récessive

Le gouvernement Lecornu annonce 28 milliards d’euros d’économies pour 2027, même si les arbitrages définitifs ne seront connus que le 30 septembre. Pourtant, les chiffres actuels sont sans appel :

  • Recettes totales : 535 milliards d’euros
  • Dépenses totales : 673 milliards d’euros
  • Solde : -138 milliards d’euros

Le déficit attendu en 2026 est de 150 milliards d’euros, soit 5% du PIB. 

La politique libérale de cette décennie Macron nous mène méticuleusement vers une réelle crise sociale et économique. Chaque euro « économisé » est en réalité une dépense future bien plus importante entre chômage et précarité. En un mot les ces politiques d’économie nous ont mené au seuil de la récession

Le directeur de l’OFCE le confirme : des coupes de 1,7 % du PIB ne réduiront le déficit que de 0,8 %. Pourquoi ? Parce que l’austérité est un cercle vicieux :

  • Moins de dépenses publiques → Moins de commandes aux entreprises.
  • Moins de revenus → Moins de consommation et donc des entreprises en difficulté
  • Moins d’emplois → Moins de croissance → Moins de recettes fiscales
L’absurdité économique du gouvernement et ses alliés 

  • 2023 : déficit public de 5,4% > coupes budgétaire de 16 milliards = 1,4 % de croissance
  • 2024 : déficit public de 5,8% > coupes budgétaire de 32 milliards = 1,1% de croissance
  • 2025 : déficit public de 5% > coupes budgétaire de 30 milliards = 0,6 % de croissance
  • 2026 : déficit public de 5,1% > coupes budgétaire annoncée de ?? = récession ?!

L’austérité ne sauve pas l’économie. Elle la tue.

Le déficit : un choix délibéré

Le déficit n’est pas une fatalité. C’est une stratégie. Depuis 2017, les baisses d’impôts pour les plus riches et les entreprises ont creusé un manque à gagner annuel de 54 milliards d’euros (1,8 % du PIB). Et ce n’est pas un hasard.

La politique du déficit est la grande stratégie du gouvernement macroniste. Un budget en déficit permet à un gouvernement pro-libéral de justifier des coupes budgétaires. Une menace au déficit pour continuer de saccager des services publics et ainsi privatiser des services initialement octroyés par l’Etat. Il y a un déficit parce que le gouvernement l’a décidé lors de ces différents choix budgétaires successifs.

Un tiers du déficit actuel est dû aux cadeaux fiscaux :

  • ISF et flat tax : 5 milliards d’€
  • Baisse de l’impôt sur les sociétés de 33% à 25% : 18 milliards d’€
  • Suppression de la redevance audiovisuelle : 3,2 milliards d’€
  • Fin de la taxe d’habitation : 18,5 milliards d’€
  • Suppression de la CVAE : 11 milliards d’€
  • Renforcement CICE : 5 milliards d’€

Et qui paie ? Les citoyens, à la fois par la perte de services publics essenteils qui nous appartiennent à tous mais aussi au travers d’un report  sur la TVA pour combler les manques de recettes. Pour rappel cet impôt est payé par tous de la même manière, sans prise en compte des revenus, c’est l’impôt le plus injuste pesant surtout sur les plus modestes.

« Depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, ce sont 207 milliards d’euros qui ont manqué aux finances publiques, soit près d’un quart de l’augmentation de la dette sur cette période » – association Attac France.
207 milliards qui manquent pour les hôpitaux, les écoles, la transition écologique.
Ce n’est pas une crise. C’est un hold-up.

 

Le gouvernement et ses alliés ne veulent pas résoudre la crise. Ils la cultivent.

Nous avons de grands enjeux auxquels nous devons répondre. Des enjeux de protection civile, de protection de l’enfance, d’accès au soin, des enjeux climatiques considérables.

Et pour répondre à ces besoins, nous avons !

 

Notre alternative : la justice fiscale pour financer l’avenir

Face à cette impasse, nous proposons une alternative radicale : 115,2 milliards d’euros de recettes supplémentaires, sans toucher à 99,9 % de la population.

Taxer les superprofits et les grandes fortunes et lutter contre la fraude et les niches fiscales

  • La Taxe Zucman : 20 milliards d’€
  • Un ISF renforcé et climatique pour les plus grands pollueurs : 15 milliards d’€
  • Recentrer les droits de succession sur les grandes fortunes : 10 milliards d’€
  • Barème d’impôt sur le revenu plus progressif et rendre la CSG progressive : 5,5 milliards d’€
  • Suppression de la Flat tax : 2,7 milliards d’€
  • Imposer les bénéfices réellement réalisés en France : 26 milliards
  • Supprimer les niches fiscales injustes : 25 milliards
  • Rétablir la CVAE : 11 milliards
  • Conditionner les aides publiques aux entreprises

Stopper également des projets d’un autre temps, écocidaires tels que Le projet de l’autoroute A69 (reliant Toulouse à Castres) : estimé entre 400 et 500 millions d’euros ou Le projet LGV Sud-Ouest : 14,3 milliards d’euros.

Investir dans ce qui compte vraiment

Avec ces recettes qui sont du bon sens, nous aurions le moyen de financer :

  • la retraite à 60 ans : 26,5 milliards
  • revaloriser le point d’indice des fonctionnaires : 22 milliards
  • instaurer la gratuité réelle de l’école : 6,2 milliards
  • mettre en place la garantie d’autonomie jeunes : 10 milliards
  • Développer et renforcer les filières françaises d’énergie renouvelable : 10,6Md€
  • Mettre en place un plan rail et fret, réouvrir les petites lignes du quotidien : 6Md€
  • Construire 200 000 logements publics par an : 3Md€ (nets)
  • Relancer et développer un train de nuit abordable : 1,5Md€

Ce n’est pas une question de moyens. C’est une question de volonté politique.

 

Éclairage sur le calendrier prévisionnel de la session Budget 2027

Le budget 2027 et son calendrier “prévisionnel” quant aux différentes étapes et examens : 

Le gouvernement a annoncé un calendrier serré, mais personne n’est dupe :

  • 30 septembre : Dépôt du projet de loi de finances.
  • 5 octobre : Début des débats en commission.
  • 20 octobre : Vote solennel sur les recettes… si le 49.3 n’est pas utilisé.
  • 17 novembre : Vote final… si le gouvernement ne bloque pas (encore) le processus.

En automne 2024, nous avions dégagé 75 milliards de recettes pour épargner 99,9 % de la population. Le 49.3 a tout bloqué. En automne 2025, macronistes et alliés d’extrême droite ont bloqué la taxation des plus riches, limitant ainsi des recettes pourtant primordiales pour faire face aux enjeux qui nous concernent tous.

 

L’austérité est un crime contre l’avenir

L’austérité ne résout rien. Elle aggrave tout. Elle asphyxie les services publics, creuse les inégalités et nous éloigne des transitions nécessaires.

Notre volonté est sans ambiguïté :

  • Non aux coupes budgétaires qui ruinent notre avenir.
  • Oui à une fiscalité juste, où chacun contribue selon ses moyens.
  • Oui à un État pour tous, qui investit dans l’éducation, la santé, la prévention, la justice, le climat et la cohésion sociale.

 

La session projet de loi finances 2027 va être d’une absurdité économique sans nom, mais heureusement ça sera le dernier de la macronie. 

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