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« 1,7 million d’écoliers en France sont exposés à une forte pression de pesticides »

30.06.2026

Les écoles sont, après le domicile, les lieux où nos enfants passent le plus de temps. Ils y apprennent et y jouent en extérieur dans les cours de récréation, parfois à quelques centaines de mètres de zones cultivées.

Leur offrir un cadre sain pour grandir et s’épanouir en sécurité est un impératif.  Pourtant, selon le journal “Le Monde » et une dizaine de scientifiques, qui ont établi un baromètre de l’exposition potentielle aux pesticides autour de chaque établissement scolaire français, ce sont 1,7 million d’écoliers en France qui sont exposés à une forte pression de pesticides.

Un quart de nos écoles est concerné. Or, nous le savons aujourd’hui, les enfants constituent un public particulièrement vulnérable face à l’exposition aux pesticides. L’Inserm établit une présomption forte de lien entre une exposition précoce aux pesticides et des pathologies graves, telles que certaines leucémies, des tumeurs du système nerveux central, des perturbations endocriniennes ou encore des troubles du développement neuropsychologique.

En Gironde, largement viticole,  27 établissements figurent parmi les 500 les plus exposés du pays. Pourtant, si la vigne est souvent pointée du doigt, elle n’est pas la culture la plus contributrice à la pression pesticides autour des écoles à l’échelle nationale. Le phénomène est global et c’est d’ailleurs en Seine-Maritime avec l’exploitation du blé que se situe la commune affichant l’indice d’exposition le plus élevé.

Les données scientifiques sont sans ambiguïté. L’étude PestiRiv conduite par Santé publique France et l’Anses a confirmé qu’il y a une imprégnation aux pesticides des personnes vivant à proximité de zones agricoles qui peut-être multipliée par 10 pour un enfant.

Face à cela, nous devons agir avec responsabilité et pragmatisme. Protéger nos enfants et accompagner nos agriculteurs ne sont pas des objectifs opposés : ce sont deux exigences complémentaires de notre pacte républicain.

Le dialogue local est essentiel pour assurer le bien vivre ensemble et son socle doit en être la transparence.

Suite à une décision du conseil d’État, il est indispensable d’informer les riverains depuis le 1er janvier 2020, mais il faut donner des outils efficaces aux agriculteurs pour communiquer et enregistrer leurs traitements.

Certaines chambres d’agriculture proposent des applications, BVE 33 en Gironde ou Agricivis en Saône et Loire, qui permettent d’envoyer des notifications aux riverains. Ces solutions restent à améliorer et à généraliser à toute la France.

Aujourd’hui encore, l’accès aux données d’épandage reste insuffisant et complexe, alors même que la cour de justice européenne en 2017 a reconnu le droit à l’information du public sur ces sujets. D’ailleurs, les études sus-nommées se confrontent à un manque de transparence sur cette donnée qui les empêche d’affiner leurs chiffres et leurs conclusions.

Ainsi, il apparaît clairement qu’il existe une opportunité de combiner ces outils d’information et de suivi des cahiers d’épandage, afin de simplifier le quotidien des agriculteurs tout en renforçant la transparence pour l’ensemble des acteurs.

L’information est indispensable mais il nous faut aller plus loin et protéger nos écoliers en réduisant l’usage des pesticides à proximité des établissements, en élargissant les zones non traitées à 200m et en installant des haies réellement protectrices.

Je m’interroge donc sur la méthode du Gouvernement pour organiser et garantir concrètement une meilleure information des riverains et des parents d’élèves sur les traitements réalisés à proximité des écoles et des lieux de domicile et ainsi faciliter la vie des agriculteurs en proposant un outil permettant d’informer les riverains en amont des traitements.

Il est primordial de rendre public, en open data, les cahiers d’épandage et d’instaurer urgemment des zones tampons réellement protectrices autour des établissements scolaires.

Texte initialement rédigé pour une question au gouvernement, avec la relecture Cancer Colère et Générations Futures.


A lire sur le sujet :

Santepubliquefrance.fr « PestiRiv : résultats de l’étude nationale sur l’exposition aux pesticides des riverains de zones viticoles »

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