À la suite du refus de la demande d’autorisation d’implantation d’une IRM à Créon opposé par l’Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine (ARS), la Députée Mathilde Feld avait impulsé une mobilisation collective des élus du territoire afin d’alerter l’ARS sur les conséquences très concrètes de cette décision pour l’accès aux soins dans l’Entre-deux-Mers.
Ce refus faisait peser une menace directe sur le maintien de l’activité d’imagerie médicale conventionnelle à Créon, la société ENOSIS ayant indiqué qu’elle pourrait fermer son centre d’imagerie implanté sur la commune. Une telle fermeture aurait constitué un recul majeur pour les habitantes et habitants du territoire : perte d’un service de santé de proximité, allongement des délais de prise en charge, déplacements supplémentaires vers Bordeaux, Libourne ou Langon, et aggravation des inégalités territoriales d’accès aux soins.
Nous avons été reçus ce lundi 29 juin à l’ARS, aux côtés de la mairie de Créon, de la Communauté de communes du Créonnais et du sénateur Hervé Gillé, par Benoît Elboode, directeur général de l’ARS Nouvelle-Aquitaine, et Bénédicte Motte, directrice départementale de l’ARS en Gironde.
Lors de cet échange, la direction de l’ARS nous a indiqué que notre saisine avait conduit à une évolution de son analyse. Elle a reconnu la nécessité de travailler à un maillage plus fin du territoire en matière d’imagerie en coupe, c’est-à-dire pour les scanners et les IRM, afin de mieux répondre aux besoins des bassins de vie aujourd’hui insuffisamment dotés.
Le directeur a donc lancé une étude interne visant à identifier, à l’échelle régionale, les territoires les moins pourvus en imagerie en coupe et ceux dont les besoins sont les plus importants, notamment au regard de la dynamique démographique, du vieillissement de la population et des distances d’accès aux équipements existants. Les territoires bénéficiant déjà d’une infrastructure d’accueil seront regardés avec intérêt.
La prise en compte de ces critères devrait permettre au bassin de vie de Créon et plus largement à l’Entre-deux-Mers, d’être identifié comme territoire prioritaire. Les équipements les plus proches se situent aujourd’hui à des distances importantes pour de nombreux patients. Le bassin de vie concerné représente environ 80 000 personnes, réparties notamment sur les Communautés de communes du Créonnais, des Coteaux bordelais, des Portes de l’Entre-deux-Mers et des communes rurales de l’Entre-deux-Mers. La dynamique démographique et le vieillissement de la population renforcent encore ce besoin : dans la Communauté de communes du Créonnais, la part des 65-79 ans est passée d’environ 9 % en 2012 à plus de 14 % aujourd’hui.
Après la remise des conclusions de l’étude durant l’été, une concertation sera organisée en septembre avec les radiologues, les élus concernés — parlementaires, Conseil départemental, présidents d’intercommunalités, maires — ainsi qu’avec les sous-préfets, afin d’identifier les territoires prioritaires d’implantation.
Cette démarche devrait conduire, avant l’été 2027, à l’adoption d’un Projet régional de santé modifié permettant la délivrance de nouvelles autorisations de PIMAP — plateaux d’imagerie médicale ambulatoire de proximité — dans les territoires ruraux et périurbains insuffisamment couverts.
Nous nous félicitons de cette évolution d’approche et de la prise en compte par l’ARS, des arguments portés collectivement par les élu.e.s du territoire. Il s’agit d’un premier signal positif pour l’accès aux soins dans l’Entre-deux-Mers.
Il appartient désormais à la société ENOSIS de se saisir de cette perspective, qui permet à la fois de sécuriser l’activité de radiologie conventionnelle à Créon et d’y développer une offre d’imagerie de pointe, complémentaire et indispensable pour les habitantes et habitants du territoire.
Nous resterons pleinement mobilisés et extrêmement attentifs au bon déroulement de cette procédure. L’accès aux soins ne peut dépendre du lieu de vie. Les habitantes et habitants de l’Entre-deux-Mers ont le droit, comme partout ailleurs, à une offre médicale de proximité, moderne et adaptée aux besoins réels du territoire.
