Société 🌈 En circonscription

Clôture du premier Festival des Fiertés LGBTQIA+ en Sud Gironde 🏳️‍🌈

14.06.2026 | ·

Bravo aux organisateur-rices de ce premier Festival des Fiertés en Sud Gironde, co-organisé par le Collectif Collectives et le Planning familial 33, soutenu par l’AG Féministe de Gironde.

Merci aux communes de Langon, Bazas, Uzeste, Cazats d’en avoir accueilli les étapes.

Discours

Bonjour à toustes !

Quel bonheur, enfin … quelle fierté plutôt d’être parmi vous pour clôturer ce premier Festival des fiertés LGBTQIA+ en Sud Gironde ! Merci pour cette invitation qui me touche.
Avant toutes choses merci au Collectif Collective, au Kfé’ministe, au planning familial de la Gironde et à l’AG féministe pour l’organisation de ce bel évènement, merci aussi aux villes de Bazas, Uzeste, Cazats et Langon d’avoir hébergé cette première édition et toutes celles à venir espérons-le !

Un festival pour se retrouver, faire collectif, porter sa voix et vivre librement son identité. Je ne peux pas évoquer ces sujets sans avoir une pensée émue pour Noahm, jeune homme gay de 19 ans, mort sous les coups et les injures homophobes à Metz, (je crois d’ailleurs que ce crime n’a toujours pas été qualifié d’homophobe malgré les témoignages) je voudrais lui dédier ce discours, à lui et à toutes les victimes des LGBTIphobies.

Car la réalité, c’est qu’être LGBTQUIA+, c’est encore être discriminé et devoir faire preuve de courage au quotidien pour vivre sa vie pleinement.
La réalité, c’est la persistance des politiques discriminantes envers les personnes transgenres, qui sont empêchées dans leurs parcours de changement d’état civil et toujours honteusement exclues de la procréation médicalement assistée, soi-disant pour toustes.
La réalité, c’est aussi celle des enfants intersexes mutilés à la naissance, car la médecine et la société imposent un système binaire qui assignent les humains à se ranger dans l’une ou l’autre des cases.
La réalité c’est aussi 1.771 cas d’agressions LGBTIphobes recensées en 2025 par SOS homophobie via son dispositif de témoignage, couplées à des chiffres de dépôts de plaintes qui n’ont jamais été aussi élevés.

Les réactionnaires marchent en pleine lumière, attisant la haine à tous les niveaux : queer, personnes racisées, pauvres, personnes en situation de handicap… et c’est pourquoi ces luttes doivent être communes.
A l’image de cette improbable convergence des luttes entre un groupe d’action gay et lesbien et l’Union Nationale des mineurs du pays de Galles, racontée dans le film Pride projeté jeudi dernier. Cette réunion de 2 communautés que tout oppose nous montre que la résistance est possible face à la gouvernance néo-libérale de de Margaret Thatcher. Il faut nous inspirer de cette histoire qui a une portée universelle.
L’union fait la force. El pueblo unido, jamas sera vencido

Et la ruralité dans tout cela ?

La fierté n’est pas l’apanage des grandes villes et vous avez permis avec ce festival que vive aussi une fierté rurale. Trop peu représentée, précarisée parfois et invisibilisée mais vivante. Et pour se développer elle a besoin de lieux pour se retrouver, d’évènements comme ce festival et de points d’accueil.
Les associations font un travail formidable sur le territoire, créant des espaces d’échanges inclusifs et joyeux et nous devons les soutenir économiquement et politiquement avec constance. Leur assurer une sécurité financière pour qu’elles puissent lancer des projets d’ampleur et permettre l’évolution culturelle indispensable à l’acceptation des différences et à la tolérance.

Car nous avons toustes besoin d’un espace où l’on est accepté pour vivre son identité pleinement et sans remise en cause. La représentation, tout part de là, être visible pour dire aux jeunes queers de ruralité qu’iels ne sont pas seules, que les discours haineux en ligne ne doivent pas les empêcher de vivre leur orientation sexuelle ou leur identité de genre pleinement.
Faire vivre la fierté rurale aussi pour faire savoir que partout les personnes LGBTQUIA+ sont chez elleux et que les discours qui nous séparent doivent être combattus partout. Et dans ce combat, vous me trouverez à vos côtés avec fermeté et fidélité.

Car des solutions existent. Les insoumis.es appellent depuis des années à la mise en place d’un plan national de lutte contre les violences et discriminations visant les personnes LGBTQIA+ dans la police, la justice, l’école, la santé et le monde du travail. La sensibilisation et la formation, dès le plus jeune âge sont les clés d’un recul durable de la stigmatisation qui a souvent des conséquences catastrophiques.

Éducation à la Vie Affective, Relationnelle et à la sexualité

Et je voudrais faire une petite parenthèse sur la question de l’Éducation à la Vie Affective, Relationnelle et à la sexualité EVAR-S à laquelle je suis particulièrement attachée et dont je vais réaliser un état des lieux dans les établissements scolaires jusqu’à la fin de mon mandat. Car cette question est intimement liée aux thèmes de votre festival.

Ces séances d’EVARS sont un levier essentiel pour favoriser la connaissance et l’estime de soi, les relations saines entre les personnes et faire reculer les violences sexistes et sexuelles, comme les discriminations de genre. Les attaques de ce programme par des groupuscules de droite et d’extrême droite sont graves et inacceptables. Elles visent des personnels parce qu’ils et elles font leur métier, mais elles visent aussi l’ambition émancipatrice de l’École et de ce programme : les anti-EVARS refusent d’ouvrir l’horizon des apprentissages des élèves et contribuent ainsi à la reproduction d’un ordre social dépassé et fantasmé, où la différence et l’altérité sont niées, où l’enfant est soustrait à des connaissances qui sont pourtant fondamentales pour qu’il grandisse, prenne conscience de son corps, de ses droits, de son rapport aux autres et devienne un·e citoyen·ne éclairé·e et tolérant·e. C’est une manière assumée de la part des réactionnaires et de l’extrême droite de saper les fondements de l’École publique et de la société.
Il est de notre responsabilité collective et en particulier de celle de l’État de garantir l’enseignement effectif de ce programme en attribuant de véritables moyens.

Car la faculté de disposer de son propre corps est un droit inaliénable. Les conditions d’exercice de cette liberté doivent être mises en place.

  • L’autodétermination de son identité de genre associée à une simplification du changement d’État civil doit être actée le plus rapidement possible car les procédures administratives complexes, lourdes et longues sont autant de freins dans des parcours déjà douloureux.
  • Les prises en charge médicales doivent évoluer pour accompagner sans discrimination et sans faire de mal.
  • Les parcours de transition doivent être pris en charge par la sécurité sociale
  • La PMA doit être accessible à toustes
  • Les opérations chirurgicales et traitements hormonaux non consentis sur les enfants intersexes doivent être interdits

Le chemin vers l’égalité réelle est encore long mais il existe, et il est plus rapide quand on le parcourt ensemble.
Face aux pressions politiques et idéologiques nous ne devons rien céder. Une révolution culturelle est en marche, qui propose un monde plus inclusif, plus tolérant et plus festif.

Réjouissons-nous, et donnons-lui les moyens d’advenir, partout, y compris en ruralité !

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