Je tiens à exprimer ma vive préoccupation quant aux conditions dans lesquelles s’est tenue l’assemblée générale du CAUE de Gironde, appelée à se prononcer sur une seconde vague de neuf licenciements en 2026, après six suppressions de postes en 2025. Dans un contexte où l’adaptation au changement climatique doit plus que jamais constituer une priorité nationale, le démantèlement des CAUE peut légitimement soulever des oppositions.
Alors que les organisations syndicales CGT et CFDT étaient réunies dans le cadre d’un mouvement de grève lié à ce vote, la présence des forces de l’ordre interroge sur la place accordée au respect du dialogue social, à la liberté d’expression et au droit de manifestation.
Les conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) sont des partenaires précieux pour la formation des élus, l’information des publics et la bonne adaptation aux changements climatiques. Après l’été que nous avons traversé, jalonné d’épisodes caniculaires, de méga feux en Gironde et de catastrophes naturelles partout en France, ces associations présidées par les départements devraient être protégées… Pourtant, le gouvernement Lecornu persiste avec la réforme de la taxe d’aménagement qui a provoqué leur faillite financière. Ainsi, 40 millions d’euros manquent à l’appel pour les CAUE pour la seule année 2025. Aujourd’hui, sept départements ne disposent déjà plus de CAUE et beaucoup sont en danger à l’instar de celui du plus grand département de France, la Gironde qui ne comptera plus que 11 salariés après 15 licenciements en 2 ans.
J’ai interpellé le ministre par deux questions écrites, (en 2025 et en 2026) sur le financement des CAUE qui sont toujours sans réponse à ce jour. Cette absence de clarification ne peut qu’alimenter les inquiétudes sur l’avenir de ces organismes, pourtant indispensables à la transition écologique et à l’accompagnement des territoires. Faut-il y voir un prélude silencieux à la suppression des agences nationales et environnementales prônée par l’extrême droite?
Je souhaite redire mon soutien aux salariés, à leurs représentants syndicaux et à toutes celles et ceux qui se mobilisent pour préserver ces outils de service public territorial.
Face aux défis climatiques, démocratiques et sociaux de notre temps, il est indispensable de renforcer l’action publique, de garantir un véritable pilotage écologique et de replacer l’intérêt général au cœur des décisions.
