Viticulture & Agriculture 🏛 À l'Assemblée Nationale

Colère des agriculteurs : nos propositions pour une agriculture saine, qui nourrit la population et ceux qui en vivent

6 janvier 2026 |

L’agriculture française, bien qu’elle génère des centaines de milliers d’emplois et dynamise les territoires ruraux, repose sur un modèle productiviste obsolète, incapable de répondre aux enjeux économiques, sociaux, écologiques et sanitaires d’aujourd’hui.

La concentration des exploitations agricoles s’accélère : plus de la moitié ont disparu en 25 ans, et 200 000 agriculteurs partiront en retraite d’ici 2030. La libéralisation des marchés, les prix bas imposés aux producteurs et la captation de la valeur ajoutée par les industries agroalimentaires poussent à une « course à la compétitivité », favorisant les grandes exploitations et la financiarisation de l’agriculture. La spécialisation régionale, l’usage intensif des intrants et la conversion de terres à des usages non alimentaires réduisent l’autonomie alimentaire et la valeur ajoutée agricole. Les agriculteurs subissent la précarité, l’endettement, et un taux de suicide trois fois supérieur à la moyenne nationale, tandis que les jeunes renoncent à s’installer faute d’accès au foncier et de perspectives économiques.

Ce modèle intensif détruit l’environnement — sols, biodiversité, eau — et contribue au changement climatique via les engrais azotés, les antibiotiques et les émissions de gaz à effet de serre. Les animaux sont traités comme des marchandises, avec 80 % soumis à des conditions d’élevage intensif, ce qui pose des risques sanitaires (zoonoses) et sociaux. La Politique Agricole Commune (PAC) et les traités européens favorisent la concentration et le libre-échange, au détriment des petites exploitations. Les accords internationaux (OMC) exposent les paysans du Sud à la concurrence déloyale, menaçant leur sécurité alimentaire. Bien que des alternatives paysannes, biologiques et locales émergent, elles restent marginalisées par le modèle dominant, qui les évince sur le foncier, les marchés et les subventions.

Le traité UE-Mercosur et cette gestion désastreuse de la DNC rendent plus que jamais urgent de mettre en place nos propositions  pour soutenir nos agricultrices et agriculteurs.

Garantir des revenus dignes et stables pour les paysan·nes

→ Instaurer des prix planchers fixés annuellement par le Ministère de la Production alimentaire, après concertation avec producteurs, fournisseurs et distributeurs, pour des volumes plafonnés par actif agricole.
→ Appliquer les normes de production françaises aux produits importés et fixer des prix minimums d’entrée pour éviter la concurrence déloyale.
→ Relever les retraites agricoles au niveau du SMIC revalorisé (1 400 € net/mois) pour toute carrière complète, y compris pour les retraité·es actuel·les.
→ Créer une caisse de défaisance pour reprendre la dette agricole des exploitant·es s’engageant dans une transition vers le 100 % bio.
Plafonner le taux d’intérêt des prêts consentis par les coopératives agricoles.
→ Réduire les droits fixes en cas de redressement judiciaire.
→ Donner accès à tous les actif·ves agricoles non-salarié·es au statut d’agriculteur·ice et à une protection sociale complète.
→ Mettre en place des mécanismes d’entraide et de remplacement pour garantir le droit aux congés.
Améliorer le statut et les salaires des salarié·es agricoles, en appliquant intégralement les règles nationales de rémunération et de cotisations, pour éradiquer le dumping lié au travail détaché.

Faciliter l’accès au foncier et soutenir les installations paysannes

Créer des Établissements Publics Fonciers Ruraux (EPFR), remplaçant et renforçant les SAFER, avec une mission claire : favoriser l’agriculture écologique et paysanne, et réduire le prix du foncier.
→ Étendre le droit de préemption aux parts de sociétés agricoles, en cas de vente, cession ou démantèlement.
→ Réformer la gouvernance des EPFR pour y intégrer des représentant·es de la société civile (consommateurs, environnement, bien-être animal).
→ Doter les EPFR de ressources propres via une part des taxes locales, pour leur permettre de stocker et conserver les terres destinées à des projets agricoles durables.
→ Conditionner toute autorisation d’exploitation (installation, agrandissement, achat, transfert de parts) à une surface maximale par actif et par type de production, pour limiter la concentration.
→ Renforcer les structures d’accompagnement à l’installation (ONVAR) et revaloriser à 100 % du SMIC les indemnités de formation professionnelle agricole pour les futur·es paysan·nes engagé·es dans un projet agro-écologique.
→ Réviser les critères d’accès aux aides de la PAC et augmenter massivement le budget dédié à l’accompagnement des installations.

Rééquilibrer les rapports de force dans la chaîne alimentaire

→ Plafonner les marges de la grande distribution via un coefficient multiplicateur limité, pour garantir des prix rémunérateurs aux producteurs et accessibles aux consommateurs.
→ Interdire les ventes à perte.
→ Reconnaître le droit des organisations de producteurs à négocier collectivement les contrats (volumes, prix) avec l’aval.
→ Réserver le statut coopératif et ses avantages fiscaux aux seules coopératives de taille humaine, véritablement gouvernées par leurs adhérent·es.

Ces mesures visent à protéger les agriculteurs et agricultrices, à réduire la précarité, à favoriser les installations paysannes écologiques, et à rétablir une juste répartition de la valeur ajoutée dans la chaîne alimentaire — en priorisant la souveraineté alimentaire, la justice sociale et la transition agroécologique.

Lire le livret thématique sur l’agriculture – Avenir en commun

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