Le 22 Mars nous marchions contre le racisme et le fascisme, pour rappeler que nous sommes nombreux à prôner la paix, le développement d’une diplomatie internationale et surtout pour la préservation de l’autre et de la différence.
Aux heures où le capitalisme fracture le peuple, aux heures où l’autre devient un ennemi national par sa seule présence, où l’extrême droite se dit populaire et pour les français, rappelons nous d’où nous venons, nous françaises et français. Nous sommes une terre humaniste. Les paniers alimentaires hors de prix, les hausses des prix du quotidien, les petits comptes bancaires surveillés tous les jours pour éviter la ligne rouge, notre système de santé dégradé, nos écoles sans moyens, nos collectivités stoppées nettes par l’austérité budgétaire… ne sont pas la faute de quelques autres qui auraient une origine réelle ou supposée différente, mais d’une orientation et d’une volonté politique. De choix politiques désastreux qui défendent des intérêts de classe.
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Le racisme en France
Le racisme fonctionne selon un schéma : différenciation > péjoration > stigmatisation > essentialisation > légitimation des violences. Le racisme se retrouve dans toutes les sphères de la société (justice, emploi, logement, santé, politique, éducation…).
En France, 1,2 million de personnes subissent chaque année des actes racistes (injures, menaces, violences, discriminations). Les jeunes sont deux fois plus touchés que les quadragénaires, et les immigré·es ainsi que leurs descendant·es sont bien plus exposé·es à ces actes. Les victimes sont souvent issues de milieux modestes, au chômage ou vivant dans des quartiers populaires. La plupart des victimes subissent des agressions verbales et, face aux obstacles judiciaires, peu de plaintes sont déposées. Seules 2 % des victimes de discrimination liée à l’origine, la couleur de peau ou la religion ont fait la démarche de signaler ces faits. Le travail est le contexte le plus fréquent de discrimination (35 % des cas).
Les personnes perçues comme étrangères sont davantage exposées au chômage, à la précarité, au mal-logement et à des problèmes de santé. Les inégalités scolaires liées à l’origine entravent leur insertion professionnelle et leurs conditions de vie futures. Elles sont aussi plus souvent contrôlées par la police et entretiennent des relations dégradées avec les forces de l’ordre.
Le Défenseur des droits, dans son rapport de 2020, souligne l’ampleur des discriminations systémiques en France, résultant d’inégalités cumulatives et d’interactions entre pratiques individuelles et structurelles, nécessitant une analyse globale des rapports sociaux et des représentations collectives.
Après l’échec du plan contre le racisme (2018-2020) d’Édouard Philippe, le gouvernement n’a présenté qu’en 2023 un nouveau plan (2023-2026) sous l’égide d’Élisabeth Borne. Ce plan insuffisant est essentiellement composé de mesures symboliques et appliquées sans moyens supplémentaires, dans un contexte d’austérité croissante. Il n’aborde pas les causes profondes des discriminations systémiques, le rendant donc inefficace.
Parallèlement, le gouvernement Macron/Bayrou est accusé de tenir des discours et d’adopter des politiques racistes et xénophobes, en promulguant une nouvelle loi anti-immigration proche des thèses du RN, et en tenant des propos controversés sur la nationalité et l’immigration. Cette posture s’inscrit dans une tendance mondiale menée par l’extrême droite, cherchant à restreindre les droits et libertés pour maintenir la domination capitaliste.
Le racisme est présenté comme un outil de division qui légitime les inégalités. Nous devons mener un combat radical contre les discriminations, au nom d’un projet universaliste basé sur l’égalité réelle. Nos propositions pour une République anti-raciste affirment que tous ceux qui adhèrent aux principes républicains sont citoyens à part entière et revendique une France « créolisée », où la diversité est une richesse.
Nos propositions pour une République anti-raciste
Retrouvez toutes les propositions dans le livret dédié
Améliorer le cadre législatif
- Consolider le droit de la non-discrimination et le rendre plus lisible et accessible
- Abroger la loi « séparatisme » ainsi que le contrat d’engagement républicain et l’extension abusive des motifs de dissolution d’associations*
Développer de nouveaux services et outils
- Mettre en place un plan interministériel pour analyser, prévenir et lutter contre l’islamophobie et l’antisémitisme en France
- Créer un Commissariat à l’égalité doté d’un corps d’inspectrices et d’inspecteurs et de moyens humains et financiers conséquents pour coordonner les politiques publiques
- Créer un Observatoire des discriminations et des pôles spécialisés au sein des services publics et des cours d’appel
- Donner plus de moyens à la Défenseure des droits
Mener de nouvelles politiques publiques
- Création d’un pôle de prévention des discriminations lors du rétablissement des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) en charge de la formation, sensibilisation des salarié·es, d’évaluation des pratiques
- Mettre en place des règles contre les biais discriminatoires des intelligences artificielles et technologies médicales
- Expérimenter les dossiers anonymes dans l’accès à l’emploi, au logement, aux études supérieures…
- Favoriser la scolarisation par le respect de l’obligation de scolarisation à la charge des communes (substitution du préfet), l’articulation entre enseignement présentiel/distanciel et l’accompagnement scolaire et financier des familles
- Faire des grands plans de lutte contre le racisme et les violences sexistes et sexuelles dans le sport et les compétitions sportives
Mettre en place des formations plus encadrantes pour la police
- Porter à deux ans la formation des élèves gardiens de la paix, réviser son contenu
- Mettre en place le récépissé de contrôle d’identité par les forces de l’ordre, accompagné de dispositifs de formation et de contrôle
- Instaurer des zones sans contrôle d’identité en dehors d’un flagrant délit, * comme c’était la règle avant l’inflation législative antiterroriste
- Renforcer la protection des victimes et témoins et faciliter les recours collectifs
- Abroger la loi Cazeneuve sur le refus d’obtempérer, dite « permis de tuer » et créer une commission « Vérité et Justice » sur les violences policières ayant entraîné la mort ou la mutilation de citoyen·nes pour en établir toutes les responsabilités
En savoir plus :
> Lire “En pratique : les 7 recommandations principales du Défenseur des droits sur les contrôles d’identité”)
> Lire “Refus d’obtempérer : « La loi de 2017 a presque été interprétée comme un permis de tuer », alerte Henri Leclerc”
* Selon l’article R434-16 du Code de la sécurité intérieure, un agent des forces de l’ordre ne peut se fonder « sur aucune caractéristique physique ou aucun signe distinctif pour déterminer les personnes à contrôler, sauf s’il dispose d’un signalement précis motivant le contrôle. Le contrôle d’identité se déroule sans qu’il soit porté atteinte à la dignité de la personne qui en fait l’objet.”
Rappeler l’histoire, renforcer l’éducation et la formation, mobiliser la culture
- Renforcer l’éducation à l’égalité, contre le sexisme et les discriminations, dans les programmes scolaires
- Développer de manière pluridisciplinaire la recherche universitaire, la formation des enseignant·es et le contenu des programmes et manuels scolaires sur l’histoire de l’esclavage, de la colonisation et de l’immigration
- Instaurer le 4 février comme jour férié national en mémoire des victimes de l’esclavage et de leurs luttes s’ajoutant au jour de commémoration spécifique à chaque territoire d’Outre-mer
- Ouvrir les archives sur les guerres de décolonisation et la discussion quant aux demandes de restitution et de circulation des biens culturels issus de la colonisation
- Reconnaître le massacre des Algériens du 17 octobre 1961 comme un crime d’État au cours d’une journée nationale de commémoration
- Garantir la diversité dans les industries culturelles et les systèmes de financement redistributifs des Centres nationaux du livre, de la musique et du cinéma et conditionner les financements au respect de la lutte contre les discriminations
Faire France de tout bois
- Garantir le droit du sol intégral à tous les enfants nés en France, le rétablir sur l’ensemble du territoire national et faciliter l’accès à la nationalité française
- Abroger la loi Darmanin/Le Pen de 2024 et garantir un accueil digne et le droit d’asile
- Respecter les droits fondamentaux des enfants étrangers : abroger les tests osseux, interdire l’enfermement des enfants dans les centres de rétention administrative, et appliquer la présomption de minorité